Le 20 novembre 2019, le gouvernement a annoncé le plan « Investir pour l’hôpital » qui fait partie de la stratégie « Ma Santé 2022 ». Ce plan d’urgence apporte de nouvelles mesures et un financement supplémentaire de 1,5 millions d’euros sur 3 ans. Cela fait quelque temps que la situation est tendue dans les hôpitaux entre grèves et manque de moyens. Le gouvernement compte donc sur ces annonces pour rétablir le dialogue et restaurer l’attractivité des métiers hospitaliers. Dans cet article, on vous présente les mesures proposées dont certaines sont entrées en vigueur en début d’année. 

 

Le dégel intégral des crédits

Les premières mesures ont pris effet dès janvier 2020. Parmi elles, on peut souligner le dégel intégral des crédits 2019 mis en réserve à hauteur de 415 millions d’euros. Le gouvernement souhaite donner les moyens nécessaires à l’application de ces mesures « sans attendre ». 

La première tranche de 150 millions d’euros de crédits destinés à l’investissement du quotidien a été débloquée. Le but est de permettre aux hôpitaux d’investir dans les équipements et le matériel indispensables au travail des soignants. Il leur sera également possible de réaliser de petits travaux. 

Le gouvernement a décidé d’un abondement de 11 millions d’euros de crédits aux missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (MERRI). Ce financement devrait permettre de renforcer les activités de recherche et d’enseignement. 

 

Des primes pour les équipes soignantes

Les aides-soignant.e.s qui exercent dans les services et unités de prise en charge des personnes âgées touchent désormais une prime pérenne de 100 € mensuels net. Cette mesure concernant près de 60 000 professionnels. 

Une prime annuelle de 800 € net va également être versée aux infirmier.e.s et aides soignant.e.s travaillant à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine, ou dans le Val-de-Marne, et gagnant moins que le salaire médian. Ce dernier équivaut environ 1950 € net/mois. Cette prime a été mise en place pour aider les professionnels qui ont du mal à se loger. 

D’un autre côté les dispositifs qui accompagnent les débuts de carrière des soignants et les métiers en tension ne seront mis en oeuvre qu’à la deuxième trimestre. Ces dispositifs comprennent notamment le contrat et la prime d’engagement dans la carrière hospitalières. Cette dernière sera revalorisée autour de deux montants : 10 000 € et 15 000 € pour les non-médecins et 15 000 € et 30 000 € pour les médecins. 

 

Gouvernance, simplification et délégation

Une mission dédiée à la gouvernance et à la simplification de l’hôpital a été initiée. Son but d’établir des propositions opérationnelles pour renforcer la place des équipes soignantes dans la gouvernance de l’hôpital et de simplifier le fonctionnement des établissements de santé. 

Afin de désengorger les urgences, le gouvernement a lancé différents protocoles permettant aux infirmier.e.s de réaliser certaines interventions qui étaient jusqu’alors réservées aux médecins. On compte notamment l’évaluation radiologique en cas de traumatisme de membre. Celle-ci est déjà en place et s’accompagne d’une prime d’incitation, à l’instar de la réalisation de petites sutures. 7 autres protocoles sont en cours d’instruction.

 

Un suivi renforcé 

Le gouvernement souhaite que chaque hôpital élabore un plan d’action 2020 afin d’utiliser le plus rapidement et le plus efficacement possibles les leviers offerts. 

Dès cette année, tous les établissements qui disposent d’un service d’urgence devront « prémunir tous les autres patients de passer la nuit sur un brancard », « travailler, quand leurs urgences dépassent 50 000 passages annuels, systématiquement avec une Maison médicale de Garde installée à proximité », « mener un diagnostic de vétusté des équipement » et enfin « pouvoir accueillir directement dans un lit d’hospitalisation les personnes âgées adressées par leur médecin traitant, sans passage inutile par les urgences ». 

 

Le plan « Investir pour l’hôpital » vise à réduire les dysfonctionnements qui entravent le quotidien des activités des établissements de santé. Son but annoncé est d’améliorer les conditions de travail, et donc la vie, du personnel hospitalier. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes face à la situation.